18 décembre 2009

# lundi 16 novembre #

Nuit courte. L'appel à la prière est un réveil assez violent. Au petit déjeuner, nous questionnons Moussa sur la religion islamique. Rien que pour M'bassi, il y a 3 mosquées, dont une payée par une grosse ONG islamiste. Il y a un imam par mosquée et le grand imam vient le vendredi après-midi pour prier aves les fidèles. Le coran est aujourd'hui intégré à l'enseignement général. Le haut-parleur qui nous a sorti de notre sommeil ce matin n'était pas installé au village il y a deux ans encore. La progression de l'islam est significative.

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Nous rendons visite au chef du village après avoir acheté de la cola à l'épicerie. Nous traversons le village, suivis par les enfants. Nous rencontrons des hommes affalés à l'ombre d'un manguier que Monique connaît. Parmi eux, celui qui a carrelé la table d'accouchement des femmes au dispensaire, opération orchestrée par Monique.
Chez le chef, elle s'acquitte de la taxe rurale pour l'année, soit 1000 FCFA. Nous ne resterons pas longtemps, la conversation tourne court puisqu'il ne parle pas français ou très peu. Ousmane nous sert néanmoins d'interprète mais à part les formules de politesse d'usage et les cadeaux échangés, nous n'avons pas grand-chose à nous dire... De retour au campement, nous passons devant l'école. La classe des petits est une case minuscule au toit de tôle, à la porte brinquebalante qui reste ouverte sur les 40 élèves du cours d'initiation. Ils seront le double après la tabaski, la rentrée étant retardée pour la plupart des enfants en raison de cette fête musulmane.

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Fatou a lavé notre linge. Elle a réussi à ôter des fibres la terre rouge des routes que nous nous sommes escrimées sans succès à frotter à l'eau et au savon. Pour le déjeuner, elle nous prépare un poulet yassa que nous mangerons chez Louisette. Les poulets viennent d'ailleurs de chez elle, tués le matin même avec l'aide de Monique. Je zappe le plumage des bêtes, m'étant éclipsée pour écrire et me reposer dans la case. Avec un léger sentiment de culpabilité, j'aide Monique à écraser les oignons et condiments dans le pilon de Fatou.
Nous revenons donc chez Louisette, de jour cette fois, après avoir dégusté un jus de ditax préparé par Monique. Le ditax est un fruit qui ressemble à un caillou, une boule de terre. A l'intérieur la chair est très verte, un peu comme le kiwi en plus pateux et acidulé. Pas très agréable à manger tel quel, on en fait une délicieuse boisson très vitaminée. Il faut pour cela les laisser mariner dans de l'eau puis les écraser, les mélanger à du sucre et les filtrer.

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Lamin et le bestiaire de Louisette

Louisette vit sur l'arche de Noé, au milieu des moutons, des chèvres, des chevaux, des poules aussi. Dans des enclos, nous apercevons des pintades et des dindons. Elle vend les boucs qui naissent chez elle, garde certaines biquettes et donne les autres aux femmes du village. Sa maison est assez grande avec une belle pièce de vie qui serait très agréable si elle était moins encombrée, mieux meublée. Mais c'est le cadet des soucis de cette femme qui vit en harmonie apparente au milieu de son petit monde. Elle est très bien intégrée dans le village, travaille avec les instituteurs dans les écoles et reçoit des invitations pour tous les baptêmes et autres fêtes de famille auxquelles elle ne va plus d'ailleurs, pour éviter d'avoir à en refuser certaines et froisser la susceptibilité des villageois.
Le repas est délicieux. Nous mangeons à l'ombre des arbres autour d'une table alors que Lamin et les ouvriers qui cimentent le mur d'enceinte de la maison s'installent parterre sur une natte.

Il est temps d'aller visiter la case de Monique dont j'entends parler depuis des années sans l'avoir encore vue, pas même en photo. Elle est ravissante, carrelée, avec une terrasse au toit de tôle. Une pièce centrale accueille le lit, de jolies malles peintes, des porte-manteaux en bambou. Deux petites pièces annexes encadrent la pièce principale, les toilettes et la cuisine. Il n'y a pas d'électricité et malheureusement, le puits est à sec. Elle doit refaire la toiture et cherche un moyen de louer des nuitées pour entretenir sa modeste propriété. La clôture est faite d'arbustes, des salanes, qui poussent en troncs serrés terminés par un feuillage en baleine de parapluie. Un beau manguier grossit devant la terrasse et à l'arrière pousse un anancandier.

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Ce soir, Karine et moi déclinons la nouvelle invitation à dîner de Louisette. Karine est barbouillée, je n'ai pas très faim. Nous grignotons dehors, à la lueur du néon de la cuisine du campement et à même la casserole, de coquillettes au carré maggi agrémentées d'une branche de thym cueillie dans le potager des femmes de bambou que nous avions visité en rentrant de la plage hier.

Posté par angelots à 16:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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