18 décembre 2009

# dimanche 15 novembre #

Ce matin, nous assistons à la messe. Pierre nous accompagne à l'église. Une odeur de thouraye envahit la nef. Les chants sont accompagnés par les tambours. Les femmes sont à gauche, les hommes à droite. A côté de nous, une jeune maman allaite son ravissant bébé qui s'endort, bercé par les chants. Une autre le rajuste dans son dos après la têtée, avec l'assurance d'une gestuelle répétée à longueur de journée. Les chants sont très rythmés, la messe dite en français et en sérère je pense. Foundiougne a une communauté catholique importante, la moitié de la population est chrétienne, l'autre musulmane.

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Pierre nous fait visiter son atelier. Il utilise pour le sablage 4 pigments naturels, le blanc du sable de la plage, le rouge des pistes, le beige des termitières, le noir des cultures brûlées. Avec ces 4 couleurs, il peut obtenir 32 nuances. Le sable est fixé avec de la sève de baobab mélangée à de l'eau.
En passant devant un baobab sur le chemin de l'église tout à l'heure, Pierre nous révèle les secrets de cet arbre majestueux. La sève sert de colle, les feuilles séchées et broyées sont mélangées à la graine de couscous pour faciliter la digestion, les fruits, ou pains de singe, donnent un jus qui soulage les maux de ventre, l'écorce est tressée par les anciens pour en faire des cordes.
Dans le marché couvert, Karine achète une coupelle en teck, j'ai trouvé un collier pour ma mère. La femme qui nous a vendu ces objets nous dit du teck qu'il n'est pas raciste, contrairement à l'homme. Parce qu'il a deux couleurs en lui : clair près de l'écorce, noir au coeur du bois.

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Départ en charrette pour MBassi. Nous traversons la brousse sous le soleil de midi,c'est devenue une habitude chez nous depuis le début du voyage de circuler en voiture ou à pied aux heures les plus chaudes... Mais le trajet est relativement court. Agréable sensation d'avancer dans le silence uniquement troublé par le trot du cheval.

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Le village est assez grand mais tout aussi pauvre et les épiceries sont mal achalandées. Nous sommes accueillis par une sono tonitruante, il y a un baptême quelquepart. Nous faisons la connaissance de Fatou qui s'occupe du campement villageois construit avec l'aide du jumelage de mérignac pour lequel Monique fait du bénévolat. Nous serons logées dans une case qui a appartenu à Monique avant qu'elle ne fasse construire celle qu'elle possède actuellement à la sortie du village.

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Pour l'heure, nous préparons un déjeuner frugal d'une boîte de macédoine+maïs assaisonné de jus de citron et carré maggi. Karine pique un fou-rire mémorable quand il s'agit de "touiller" l'énorme pot de pâte de cacao que nous transportons de campement en campement. La pâte brillante et liquide a fini par nous dégoûter...

Repos sous la moustiquaire puis Ousmane, notre charretier, nous emmène à Bambou. Nous traversons la brousse aux herbes hautes dans la chaleur caressante de la fin d'après-midi. Quand "laiti" le cheval s'arrête et que nous descendons sur la plage, un paysage féérique nous est donné à voir. Le bolong est de toute beauté, large, bordé de palétuviers. Un jeune homme en short blanc fait des exercices de musculation. 2 pirogues, l'une peinte, l'autre brute creusée dans un tronc sont posées sur la rive. Je me jette à l'eau aussiôt. La baignade est un délice. Le courant est fort, je nage la brasse et fait du surplace. Je me baigne un long moment, laissant au fil de l'eau la fatigue accumulée.

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Le retour se fait dans le jour finissant, et toujours cette impression de courir plus vite que le soleil pour ne pas se retrouver en rade au bord du chemin, cueillies par la nuit qui nous paralyse sans éclairage public et nous donne le sentiment de tanguer à chaque pas.
Et pour la première fois depuis les 2 nuits à Keur Massa sur la terrasse chez Djebel, nous avons un peu froid.

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Nous allons prendre l'apéritif chez Louisette, une française qui depuis sa retraite, il y a bientôt dix ans, vit à M'bassi. Nous avons traversé le village dans l'obscurité et la poussière pour rejoindre sa propriété ceinte d'un long mur de parpaings. L'apéritif est alcoolisé, pastis, gazelle, pineau, rhum. Je déguste une gazelle en grignotant des noix de cajou locales. Louisette vit ici avec son fils adoptif, Lamin, dans une maison confortable et spacieuse avec chevaux et chien. C'est tout ce que je vois des bêtes ce soir là, je decouvrirai le reste le lendemain à la lumière du jour. La conversation est menée par la fille de Louisette en vacances ici avec son mari qui n'avait encore jamais mis les pieds en Afrique. Leur arrivée sur le continent fut mémorable, ils ont passé leur première nuit à Foundiougne sous un porche après maintes péripéties qui les ont retardés depuis Dakar. Ils sont arrivés à la fin de leur séjour, comme en atteste le bronzage excessif des gens du nord passés au gril de l'Afrique. Louisette est une femme charmante, discrète, mais à la poigne de fer nécessaire pour faire tourner son petit univers.

Retour au campement ou nous cuisinons une omelette aux oignons que nous mangeons à même la poêle.

Posté par angelots à 15:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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