01 décembre 2009

# samedi 7 novembre #

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Entre le moment du réveil aux aurores (lumière du jour + appel à la prière) et le petit déjeuner, il se passe quelques heures pendant lesquelles nous vivons au rythme de la maisonnée et jaugeons l'espace qui nous entoure. La maison est en chantier, rien n'est sécurisé mais les enfants ici évoluent librement et dès leurs premiers pas comme si aucun danger ne se dressait sur leur chemin.

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Monique me prête son portable pour que je rassure les enfants en France. J'ai bien essayé de trouver un télécentre, accompagnée à travers les rues de keur massar par un des fils de Djebel, mais aucun n'était encore ouvert.

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Nous partons faire les courses du déjeuner au marché. De larges étendues d'eau stagnante persistent aux alentours. On imagine sans peine les bactéries qui prolifèrent sans que les quelques pompes prêtées par le gouvernement n'y puissent rien. La population manque d'argent pour les alimenter en carburant et l'eau est là depuis des semaines.

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Les pluies durant l'hivernage ont eu raison d'un réseau d'assainissement quasi inexistant

Déja, notre emploi du temps est modifié. Nous devions partir très tôt le matin pour rejoindre le pays Bassari mais Djebel doit trouver une pièce pour le véhicule et nous devons revoir nos plans. Le grand départ ne sera que pour demain. Cet après-midi nous irons au Lac Rose et à Guedawaye.

Première douche à la bassine (quel soulagement après la fatigue du voyage !) et premier repas africain tous réunis autour d'un grand plat de riz et de boeuf.

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Arrêt express au bord du lac pour déposer les chaussettes que Karine a récupérées auprès d'une amie entraîneur d'une équipe de foot féminin. Nous trouvons la responsable des femmes qui travaillent les pieds dans le lac salé. Les chaussettes serviront de faible rempart contre les morsures du sel...
Ce lieu est unique même si aujourd'hui il n'est pas rose. En cette saison les eaux du lac sont trop hautes pour en accentuer la couleur. Sur la rive, l'écume salée borde le lac d'une mousse tourbillonnant dans le vent. C'est la fleur de sel m'explique un homme qui récite un laïus bien huilé sur le travail des pêcheurs de sel.
Nous ne resterons pas, les vendeurs ambulants nous harcèlent et Monique est attendue à Guedawaye.
J'ai été happée par cet endroit et aurait adoré m'y baigner, flotter sur cette étendue tellement salée qu'il est quasi impossible de s'y noyer. La chaleur de l'air, les vaguelettes qui se forment à la surface, la tentation est grande de trouver un coin tranquille quelquepart, un peu plus loin... Dommage...

Sur la route, passée les premières heures de prise de conscience du monde qui nous entoure, je réalise à quel point l'Afrique semble un continent oublié du reste du monde. Des gens par milliers qui s'activent en tout sens, pliant sous la charge, dans la cacophonie des engins motorisés et la pollution ambiante. Pollution de l'air, pollution de l'eau, pollution des sols jonchés de déchets non biodégradables.

Les rues de Guedawaye sont un dédale inextricable de pistes sablonneuses. Nous rencontrons Asta, femme de tête responsable d'une association qui essaie d'aider les femmes à travailler. Elle et Monique se connaissent bien. Ce soir, Asta rencontre le ministre de la culture, elle est habillée pour l'occasion et concède que nos tenues de touristes ne nous permettent pas de l'accompagner !

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Direction le marché Sam et plus précisement les teinturiers pour qui Monique a réuni la somme nécessaire à la construction d'un mur d'enceinte pour l'atelier et de latrines. Nous apportons des vêtements pour les nombreux enfants des familles qui travaillent ici, des tee-shirts pour les jeunes qui tapent tout le jour les tissus pour les lisser. Nous avons également pour eux une radio et des ampoules à baïonnette offerts par Arlette, quelques outils. Les conditions de travail sont édifiantes. Il reste encore une partie du mur à construire qui donne à voir l'état dans lequel se trouvait l'atelier avant la construction de la première partie du chantier. Les produits chimiques glougloutent à ciel ouvert sur des braseros à bout de souffle. Partout au sol des détritus. Et tout le jour, le bruit des masses de bois qui s'abattent en cadence sur des tissus plus colorés les uns que les autres.

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la partie du mur à finir

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au fond le mur fini, à gauche de la photo la porte des latrines

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La nuit tombe vite au Sénégal et la ville n'est pas éclairée. Nous repartons vers Keur massar. Au détour d'une rue, le 4x4 est pris au piège par les parasols et les stands d'un marché installé depuis le matin. Djebel insiste pour passer par là et pas à pas nous avançons sous les huées des commerçants qui défont devant nous leurs installations précaires.
Nous dînons sur la terrasse, sans trop savoir ce que nous a servi la femme de Djebel. Monique nous apprendra plus tard qu'il s'agissait certainement de tripes de moutons mélangées à des coquillettes...

Alors que je me suis retirée sous la moustiquaire pour finir de prendre des notes, un ami de Djebel vient improviser un tour de chant. Il fait participer toute la maisonnée et j'entends fuser les rires.
Nous allons à nouveau nous endormir en musique(il y a un mariage ce soir chez des voisins, le jeune femme à tout juste 16 ans...) mais pas de nuitée à la belle étoile cette fois, nous sommes installées sous une tente, protégées du vent qui souffle fort.

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Posté par angelots à 16:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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